En poursuivant votre navigation sur ce site vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques, pour vous proposer des contenus adaptés à vos centres d’intérêts et vous permettre le partage sur les réseaux sociaux. En savoir plus

Avec Mme Le Pen, ceux qui ont peu n'auront plus rien ! - JDD

Le 09/04/2017

2

par Nathalie Kosciusko-Morizet, Christian Estrosi, Xavier Bertrand

Delphine Bürkli, Philippe Dallier, Fabienne Keller, Renaud Muselier,

et d’autres membres du Comité de riposte républicaine*


Nous aurions pu écrire que le Front national refuse toujours la République et sa devise. Qu’il défend toujours des thèses xénophobes et populistes. Qu’il n’est toujours ni républicain ni patriote. Qu’il divise toujours les Français et qu’il prospère sur leurs peurs. Qu’il regorge toujours d’individus à la pensée sombre qui détestent les Juifs et contestent la Shoah. Ce discours-là, s’il est nécessaire n’est manifestement plus suffisant.  Pour battre le clan Le Pen et qu’aucune voix ne manque à notre candidat François Fillon, il ne suffit plus de stigmatiser son idéologie raciste, il faut le combattre !

Combattre le clan Le Pen, c’est avant tout dénoncer la mascarade de l’extrême droite française qui, après avoir été le chantre d’un libéralisme sauvage, se retrouve à défendre un projet économique d’extrême gauche qui ruinerait la France et les Français en quelques semaines seulement.

Combattre le clan Le Pen, c’est lui contester l’image qu’il veut se donner de défenseur des classes populaires et des milieux modestes. Madame Le Pen flatte les plus inquiets et les plus fragiles. Mais si elle appliquait son projet pour la France, ce sont pourtant les plus modestes qui en seront les premières victimes : ouvriers, employés, retraités, agriculteurs, artisans, commerçants, indépendants, épargnants, fonctionnaires !

Combattre le clan Le Pen, c’est dénoncer la folie budgétaire d’un projet à 160 milliards d’euros.  Retour de la retraite à 60 ans, maintien des 35 h et des régimes spéciaux de retraites …Tous les contribuables subiraient alors le contrecoup fiscal des propositions démagogiques non financées de Madame Le Pen.

Combattre le clan Le Pen, c’est alerter avec force sur les ravages d’une sortie de l’euro. Avec la sortie de l’euro que veut Madame Le Pen, chaque ménage français perdra près d’un mois de salaire. Pour un salarié gagnant 1 772 € nets (salaire médian), la perte de pouvoir d’achat serait de  plus de 1 600 euros par an. Et une fois le retour au franc, l’épargne de chacun sera ponctionnée de 30% pour éviter la faillite ! Livrets A, P.E.L, Assurances vie, tout y passera. Une vie de labeur pour financer les dérives idéologiques de Madame Le Pen.

"Là où Mme Le Pen a progressé, la République sociale a régressé."

Combattre le clan Le Pen, c’est dire aux agriculteurs que le Front national a pour seul projet de les priver des 9 milliards d’euros par an en supprimant la Politique agricole commune. C’est dire aux commerçants, aux artisans, aux chefs d’entreprise que Madame Le Pen ne prévoit aucune des réformes nécessaires pour créer un choc de compétitivité en faveur des entreprises. Pas de remise en cause des 35 h, pas de réforme du code du travail, pas de baisse massive des charges et des impôts. La taxe sur les produits importés qu’elle veut mettre en place nierait notre économie puisqu’une partie de la richesse créée par nos entreprises dépend de produits importés.

[...]

Enfin, combattre le clan Le Pen, c’est contester à Madame Le Pen le monopole du patriotisme qu’elle s’est elle-même arrogé. En voulant sortir de l’Europe, rompre avec nos alliés américains et en fermant toutes les frontières y compris économique, c’est l’extinction définitive de la grande voix de la France que propose l’extrême droite. Qui peut croire que la France sera plus forte si elle isolée, repliée sur elle-même dans un monde multipolaire ?  Que pèsent les 66 millions de Français parmi 7 milliards d’être humains si nous sommes coupés du monde ? Le projet de Madame Le Pen pour la France, c’est le village d’Astérix, la potion magique en moins !

Certains Français considèrent que le Front national n’aurait pas d’histoire car il n’aurait jamais exercé le pouvoir. Mais le FN a un bilan. Il faut aller le chercher dans les villes conquises aux élections  municipales de 2014. Ce bilan, c’est le vrai visage de l’extrême droite française. De Beaucaire à Hénin-Beaumont, en passant par Fréjus et Villers-Cotterêts, ce sont toujours les Français les plus modestes qui subissent les politiques du frontisme municipal - contre les crèches, les écoles, les associations socio-culturelles, éducatives, sportives, etc. Là où Mme Le Pen a progressé, la République sociale a régressé.

Avec Marine Le Pen, ceux qui ont peu n’auront plus rien et les perdants de la mondialisation le seront encore davantage.

Pour lire l'article du JDD : "Avec Mme Le Pen, ceux qui ont peu n'auront plus rien !"

* Florence Bariseau, Maël de Calan, Grégoire de Lasteyrie, Yves Pozzo di Borgo, Joël Guerriau, Lydia Guirous, Patrice Martin-Lalande, Déborah Münzer, Jean Rottner, Tahar Saiah, Philippe Vitel

Discussion

Activer le compte.
  • commented 2017-04-19 11:06:25 +0200
  • commented 2017-04-10 11:17:30 +0200
    Bravo, Nathalie.
    J’apprécie que vous sortiez du discours usé jusqu’à la corde de FN-fachos.
    Cependant, je crains que nous passions à côté du problème en réagissant ainsi. Car le discours raisonable n’"imprime" plus, voire provoque reaction contre -productive de victimisation. Il est varai que Fillon est dans ce principe de negative-campain.
    Ainsi que NKM démontre l’absurdité et le danger du FN est immédiatement détourné par les communicants FN pour dire : “vous voyez comme le système, bougeois, mondialiste, nous déteste” …
    Alors, comment ?
    - déjà ne pas attendre de miracle rapide : le FN est mainteant hélas, ancré comme une sorte de “solution” désespérée concretisant tous les rejets, frustrations, revanches. Et lorsque Fillon se présente comme “alternance” c’est aussi sur ce ressort de revanche hostile qu’il joue.
    - Il faut déjà considérer les ressorts du vote FN et en accepter notre responsabilité. LePen joue sur le thème “la France oubliée” … ET, OUI, nous avons “oublié” une partie de la France (quartiers, ruraux, agriculteurs, indépendants) ! Il faut déjà reconnaître cette réalité et notre responsabilité. Ensuite, il faut proposer des solutions credibles, solides, non demagogiques, répondant au problème. C’est bien en celà que de veritables actions de retour de services publics, de transports, de connexion internet, de santé, de culture doivent redonner vie républicaine. Ca coûte ? Oui ! mais c’est aussi de l’investissement et on peut faire intelligemment.
    Ensuite redonner envie et solution au travail avec une formation professionnelles adaptée, anticipant les mutations technos, ecos.
    Voilà pourquoi, il faut absolument abandonner les programmes d’abandon comme celui de Fillon, catastrophiques, isolant, clivant encore plus. Quelque soit la réalité objective, Fillon représente le choix d’abandonner à leur sort les victimes de la mondialisation. Et élire Fillon, ce serait servir l’arrivée catastrophique du FN dans 2-5 ans ! Sortons des discours partisans et visons un succès qui relèguera le déclinisme du FN aux oubliettes.