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NKM répond à Zemmour : « Je me bats pour que nous ne soyons pas aveuglés par les phares de la nouveauté » - Le Monde

Le 30/05/2017

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Attaquée par le polémiste Eric Zemmour, la candidate Les Républicains dans la 2e circonscription de Paris défend la notion d’une droite progressiste dans une tribune au « Monde ».

[Eric Zemmour a attaqué frontalement Nathalie Kosciusko-Morizet cette semaine dans un de ses éditos sur RTL, estimant qu’elle était « comme un lapin dans les phares d’une voiture », attendant passivement sa mort politique. Une allusion au combat compliqué qu’elle mène pour les législatives dans la 2e circonscription de Paris, contre des candidats de droite dissidents et une candidature En marche ! inattendue. La candidate Les Républicains lui répond, notamment sur l’existence de deux droites et sur sa critique du progressisme]

TRIBUNE. Ce n’est pas la première fois que je fais les frais de la méchanceté d’Eric Zemmour, mais cette fois-ci comme il en vient à annoncer ma mort, je ressens un besoin plus ardent d’y répondre. Le fameux instinct de survie, sans doute.

Alors non, cher Eric, je ne suis pas un lapin qui regarde avec admiration les phares d’une voiture en attendant de me faire écraser. Image quelque peu violente, vous en conviendrez. Même si les rues de Paris sont bondées de voitures grâce à la politique névrotique d’Anne Hidalgo, il ne m’est jamais venu à l’esprit de m’y abandonner. Pourquoi donc, alors que je suis, comme vous le dites si gentiment, finie ?

Finie parce que la droite a repris ses vieilles habitudes de dissidences qui nous ont fait perdre Paris – et par la même occasion perdre la possibilité de circuler dans Paris ? Ce que vous cachez sous un clivage très intelligent et verbeux de vraie droite contre droite ouverte n’est qu’un paravent de la médiocrité des ambitions personnelles qui plombent la droite dans la capitale depuis bien longtemps.

Vous estimez que je me meurs parce que je personnifie la dérive de la droite vers le progressisme. Etonnant choix de mots, quand le progrès devient un fardeau. Oui je suis effectivement progressiste quand il s’est agi d’introduire à droite le mot et le thème d’écologie. Quand il a fallu anticiper l’introduction du numérique dans la vie de tous les jours et améliorer son appréhension par les administrations. Quand j’ai évoqué pendant la primaire de la droite l’importance du développement du travail indépendant. Mais pour vous, le progressisme est de gauche. Pour moi, anticiper le progrès est de droite, car il nous évite de le subir.

Vous en conviendrez pourtant, la loyauté et la droiture, elles, sont de droite. Et à ce titre, le petit lapin que je suis me semble plutôt à la hauteur de votre exigence. Fidèle à mes idées, j’ai défendu à rebours de ma famille politique des avancées qui sont aujourd’hui communément saluées, notamment le Grenelle de l’environnement. Loyale, je le suis plus que les candidats dissidents que vous défendez en réalité en m’attaquant aussi violemment à une heure de grande écoute.

J’ai soutenu Alain Juppé à la primaire, jusqu’à la fin de l’entre-deux tours quand il était bien seul. J’ai soutenu François Fillon jusqu’au bout, alors même que vos amis que vous considérez sans doute de « vraie droite » puisqu’ils portent de Gaulle en bandoulière et l’invoquent – le pauvre – matin midi et soir se sont carapatés et portent une lourde responsabilité dans la défaite de notre camp. Non pas parce qu’ils ont une quelconque éthique, mais parce qu’ils considéraient qu’un navire perdant ne méritait pas leur soutien. Je suis restée parce que je crois aux valeurs et au programme de la droite, libérale en effet, ouverte sur le monde et européenne.

Enfin, cher Eric, vous me reprochez à la fois d’être terrée comme un lapin suicidaire et de me démultiplier sur le terrain et – comble de l’outrance selon vous – dans les médias (qui vous font vivre). En effet, je me bats pour que les électeurs des 5e, 6e et 7e arrondissements aient en tête que je suis la candidate légitime et investie par les Républicains et l’UDI – même si ça vous hérisse le poil – et que j’aurai une attitude exigeante et constructive vis-à-vis du programme présidentiel.

Tout simplement mon cher Eric, je me bats pour que nous ne soyons pas collectivement aveuglés par les phares de la nouveauté, et pour mettre mon énergie de petit lapin au service des Français.

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Discussion

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  • commented 2017-06-06 11:01:42 +0200
    Bravo, Nathalie de “moucher” ce manipulateur de Zemmour, qui mène sa campagne politique de ringard à lui.
    Oui, vous représentez le progressisme et c’est ce qui a séduit beaucoup, dont moi. Vous mettez aussi en avant la “loyauté”. Et c’est bien là toute la contradiction qui vous a tant nui. Soutenir Fillon c’était d’évidence renoncer au progrès. Comme appeler à rejoindre Macron ensuite apparaître non loyal à Baroin.
    Au travers de sa méchanceté classique, Zemmour pointe en quelque sorte indirectement ce problème.
    Il me semble que c’est vraiment un point à examiner de votre côté. Il est évident que vos positions sont aux antipodes des Wauquiez, Ciotti, Hortefeux. Quelle loyauté leur devez-vous ? PAr contre la loyauté à vos idées, oui !